Roubaix bashing?

Publié le 23 Mai 2013

Roubaix bashing ? Disons plutôt « lynchage » pour ne pas m’attirer les foudres des stricts gardiens de la langue française qui se sont émus du « I Love Rbx » lors du dernier Paris-Roubaix. Le lynchage de Roubaix donc, est-il devenu un exercice prisé ? Je n’irai pas jusque -là. Car je ne veux pas être qualifié en retour de « médiabashing » tant on sait que personnel politique, journalistes et même de plus en plus réseaux sociaux généralistes sont ceux envers qui les Français font le plus preuve de défiance. De quoi nous interroger sur notre avenir démocratique…

Et pourtant, Roubaix dans la presse, sur le web, n’a pas toujours la part belle. Je ne demande pas que l’on embellisse les choses. Rien ne serait moins crédible…

Je demande juste qu’on fasse preuve d’objectivité et même un tout petit peu plus : qu’on réagisse ! Asymétrie de la communication contemporaine, impératif du buzz, culte de l’éphémère chassent les faits du jour, de l’heure, de la minute pour les remplacer par des nouveaux sans même prendre le temps d’en vérifier la réalité ni d’apporter un contre argument. L’immédiateté et les « 140 signes » du tweet sont-ils suffisants à notre démocratie ? Je ne le crois pas. Le « bashing » peut certes contribuer à bâtir un succès éditorial, à se faire connaître. Durablement ?

Vous me direz que Roubaix se prête à cela. Ville pauvre, ville parfois difficile. On pourrait convoquer Girard et sa théorie du bouc émissaire, la crise et ses nombreuses victimes, le populisme ambiant, la nécessité pour le monde des média, ouvert maintenant à chacun, de s’affirmer face au champ politique ou regretter même que l’affect prenne le pas sur l’analyse… Quand le Roubaix bashing n’est pas une occasion trop belle, particulièrement sur le web, pour masquer de véritables propos xénophobes et dangereux.

En définitive, hier comme aujourd’hui, le « bashing » n’est rien d’autre qu’un feu de paille. Un feu qui peut faire des dégâts (Roger Salengro, Pierre Bérégovoy, la ville d’Outreau hier, de Florange aujourd’hui et beaucoup d'autres en ont longtemps souffert !) mais un feu sans lendemain. Car on oublie que faire avancer les choses, ce n’est pas uniquement tancer ou protester. Notre démocratie fait de plus en plus de place à l’expression de chacun. Progrès notable ! La prochaine étape est sans doute aussi que chacun propose et agisse. Médias, citoyens : allez maintenant jusqu’au bout de votre rôle ! Entre la représentation (les élus) et la protestation stérile (le « bashing »), il y a de la place pour vous.

Rédigé par leblogdepierredubois

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