Une affaire qui pose des questions de fond

Publié le 4 Avril 2013

 

C’est un événement douloureux qui touche l’actualité politique de ces dernières heures, et qui touche plus particulièrement notre exécutif, notre système démocratique, nous-mêmes élus locaux, mais aussi les Français.

 

Les réactions sont nombreuses et vives suite à l’aveu de Jérôme Cahuzac d’avoir détenu un compte à l’étranger. Elles reflètent la gravité de la faute de l’ancien Ministre du Budget, porté par le Président de la République à l’une des fonctions les plus importantes et les plus sensibles à la tête de l’Etat.

 

C’est l’ensemble de la classe politique qui, par cette défaillance personnelle, subit aujourd’hui un sentiment de suspicion et de défiance plus fort que jamais, se réveillant, au lendemain de cet aveu, sonnée, trahie, comme en témoigne la réaction indignée et émue de Gérard Filoche, membre du bureau national du Parti socialiste.

 

Les réactions sont d’autant plus passionnées que cette affaire pose plusieurs questions de fond : celle des pratiques politiques tout d’abord, et de manière plus générale de l’exemplarité. Chacun doit agir dans le respect des lois, identiques à tous mais aussi dans le respect de valeurs essentielles, des valeurs d’exemplarité et des valeurs morales.

 

Ces faits et fautes sont beaucoup trop fréquents. Ils ne constituent pas toutefois une fatalité : je rencontre tous les jours des élus de terrain qui ont à cœur de changer les choses, d’aider ceux qui en ont besoin, de proposer des solutions pour l’avenir. Et qui ont conscience qu’être élu c’est aussi être responsable devant ses pairs, devant les citoyens et devant la justice. Ainsi, cette actualité nous interpelle également quant aux rapports entre politique et justice : le principe de séparation des pouvoirs ne doit pas être qu’une vaine idée. La justice, tout comme la liberté de la presse, constitue l’un des contre-pouvoirs essentiels à nos démocraties, c’est pour cette raison que son indépendance doit être garantie. Cet événement aura eu au moins pour mérite d’en apporter la preuve.

 

François Hollande a pris des engagements forts à ce sujet et a insisté sur sa volonté de donner de notre démocratie une image irréprochable. Il y a quelques jours, la garde des Sceaux, Christiane Taubira, a rappelé l’importance du principe de l’indépendance de la justice en présentant en Conseil des ministres un projet de loi visant à mettre fin aux instructions individuelles de l’exécutif aux magistrats du parquet dans le cadre de procédures pénales, et ce afin d’éviter tout soupçon sur des interventions possibles du gouvernement dans des affaires en cours et ainsi de préserver la justice de toute pression.

 

Cette affaire amène aujourd’hui François Hollande à annoncer d’autres mesures concrètes : une réforme du Conseil supérieur de la magistrature pour renforcer l'indépendance de la justice, la lutte contre les conflits entre intérêts publics et privés avec la publication et le contrôle du patrimoine des ministres et parlementaires, ainsi que l'interdiction de tout mandat public pour les élus condamnés pénalement pour fraude fiscale et corruption.

 

Cette actualité nous rappelle, s’il le fallait, l’humilité et l’exemplarité qui doivent être les nôtres en tant qu’élus garants du respect de la République. Il nous reste à travailler toujours plus dur et à faire preuve de responsabilité pour éviter que la défaillance d’un homme ne jette davantage l’opprobre sur la classe politique et donc sur la démocratie.

Rédigé par leblogdepierredubois

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Commenter cet article

noemie 11/04/2013 17:25


Effectivement avec ce genre d'affaires les politques vont encore être accusé dans leur ensemble alors qu'en réalité ce n'est qu'une partie qui ne respectent pas les règles du jeu.