Un dernier hommage rendu à Pierre Prouvost

Publié le 31 Juillet 2013

Les obsèques de Pierre Prouvost, Maire de Roubaix de 1977 à 1983, ont été célébrées lundi après-midi au cimetière de Roubaix. L'assemblée était nombreuse pour lui rendre ce dernier hommage.

Jean Descamps, son ami proche et Marc Vandewynckele, l'un de ses anciens adjoints, ont pris la parole. J'ai également souhaité prononcer quelques mots en l'honneur de cet homme avec qui j'ai eu l'honneur de travailler. 

 

" Monsieur le Préfet délégué pour la défense et la sécurité,

Monsieur Bernard Derosier, Ancien Président du Conseil Général du Nord,

Chers collègues, 

Chers amis,

 

Nous avons en commun d’avoir connu et estimé l’homme pour lequel nous sommes rassemblés aujourd’hui. Pierre Prouvost aura marqué son temps et les esprits. Le mien tout d’abord : c’est lui qui m’a offert mon premier poste à la Ville de Roubaix. J’ai travaillé en lien direct avec lui, en intégrant le secrétariat à l’action économique et au développement. Créé en 1977, celui-ci fut un symbole fort de l’action que Pierre Prouvost avait engagée sur la Ville en matière de développement économique et d’aménagement urbain.

 

J’ai connu l’homme, dur, distant, autoritaire peut-être, mais qui savait accorder une confiance sans limites à ses collaborateurs les plus proches ainsi qu’à des jeunes, comme Patrick Kanner, promu directeur du CCAS à 22 ans.

 

Il aimait les combats et les défis. L’un des plus importants fut certainement celui du maintien des activités industrielles et du développement de nouvelles activités tertiaires dans la ville.

 

J’ai également connu l’homme politique, socialiste de conviction, fidèle aux idéaux du parti socialiste, attaché aux enjeux de l’éducation, de la santé, soucieux d’apporter pour chacun une réelle chance de s’instruire et de se former, sensible aussi à la culture.

 

Pierre Prouvost, c’est aussi l’homme de l’union de la gauche, en rupture avec un socialisme municipal basé sur le consensus. Il était le chef d’équipe dont on ne contestait pas l’autorité, à la tête de 40 élus aux fortes personnalités, comme Léonce Clerambeaux, Etienne Savinel, Emile Duhamel, Gaston Tytgat, Henri Tribalat, André Pétrieux, Roger Vanovermeir, Marc Vandewynckele, Bernard Carton. Des élus actifs et reconnus.

 

Il s’était préparé de longue date à cette élection de 1977, s’appuyant sur un diagnostic de la situation roubaisienne fait par Bernard Sordet, secondé par Pierre Mazzolini, Directeur de la première agence d’urbanisme. Le succès de 1977 doit beaucoup à cette préparation.

 

Pierre Prouvost avait bien perçu le besoin pour Roubaix de rompre son isolement. Il s’est mobilisé avec son équipe pour désenclaver la ville, notamment par la création de la voie rapide urbaine et de l’avenue des nations unies. Il avait compris l’importance de la défense des intérêts des communes du secteur dans la construction de la métropole qui donna naissance à l’association de promotion du versant nord-est avec les villes de Tourcoing, Wattrelos, Croix, Hem et Wasquehal en 1978, rejointes par Leers en 1980.

 

Il a entrepris dans le même temps plusieurs grandes opérations d’aménagement : le centre ville, la restructuration de l’Alma gare, la reconquête de quartiers anciens. Roubaix fut d’ailleurs l’un des neuf premiers sites choisis au titre du développement social des quartiers, prélude à la politique de la ville.

 

Tout au long de son mandat, il a enfin voulu donner les moyens à chacun de s’instruire, de s’informer, de se divertir, de se soigner. Quatre groupes scolaires ont été construits. Le Centre d’Action Sociale a connu un développement sans précédent et s’est vu doté de moyens considérables, devenant ainsi en 1982 le centre le plus important de la région. Pierre Prouvost avait également saisi les enjeux de la santé – j’ai encore en tête la pose de la première pierre de l’hôpital, l’ouverture du Vert Pré – ainsi que du développement culturel, en entreprenant la rénovation du Colisée et en lançant les travaux de la nouvelle médiathèque.

 

Surtout, Pierre Prouvost a toujours prôné le rapprochement entre les élus et les citoyens, à une époque où l’on ne parlait pas encore de démocratie participative et où la communication des institutions publiques n’est était qu’à ses balbutiements. Un Centre d’Information Municipal a été ouvert au public en janvier 1978. S’en est suivie la mise en place des commissions extra-municipales et des comités de quartier. Je me souviens d’ailleurs d’un voyage inoubliable chez Hubert Dubedout, Maire de Grenoble, référence de beaucoup d’élus dans les années 1970 pour son travail innovant en terme démocratie participative.

 

Pierre Prouvost souhaitait – et je reprends ici ses mots – « tendre vers une cité humaine, où des citoyens informés, responsables, maîtres de leur destin, débattent des questions qui les concernent et proposent en commun les mesures qui permettront d’assurer leur liberté et leur bonheur ». Une vision qu’il jugeait lui-même utopique mais qui montrait bien l’ambition qu’il avait pour Roubaix et ses habitants.

 

La défaite de 1983 a été pour lui particulièrement cruelle, dans un contexte de rumeurs sordides et d’exploitation sans vergogne du sentiment d’insécurité. Ses causes ne doivent pas être oubliées, elles doivent être méditées à l’approche des nouvelles échéances électorales où le rassemblement doit être l’impératif absolu.

 

Cette défaite a occulté le bilan de la mandature et ses résultats. J’ai toujours considéré qu’il y avait à cet égard une véritable injustice et que le renouvellement de Roubaix, accéléré après 1995-2000, avait largement profité des acquis et des outils mis en place durant son mandat.

 

Profondément attaché à Roubaix, ville dans laquelle il était né, Pierre Prouvost en aura également défendu les intérêts par ses différents mandats à la Communauté urbaine, au Département et à l’Assemblée Nationale.

 

Tout comme Jean Descamps l’a exprimé à travers les mots de Patrick Kanner, je suis fier d’avoir pu travailler avec lui.

 

Je remercie chacun d’entre vous d’être venu rendre à Pierre Prouvost ce dernier hommage. "

Rédigé par leblogdepierredubois

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