Du "modèle" allemand... prenons le meilleur!

Publié le 6 Mai 2013

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Economie, équilibre budgétaire, balance des paiements, industrie, formation : un vent de mode nous vient de l’est où tout serait bon à prendre chez nos amis allemands. Souvenons-nous, du temps du Chancelier Gerhard Schröder, c’était sur la vitalité économique et sociale de la politique de Lionel Jospin que l’on lorgnait sur les bords  de la Spree.

Une évidence en réalité : les choses sont un peu plus complexes…

Côté réussite économique, lutte pour emploi, les résultats outre-Rhin sont indéniables. Mais ils se payent aussi au prix fort. C’est en Allemagne en effet que les inégalités de richesse sont les plus criantes. On le sait, le développement économique allemand s’est largement fondé sur une forte modération salariale et l’émergence de nombreux travailleurs pauvres. Le magazine Alternatives Economiques le rappelle, chiffres à l’appui. Pas étonnant que la campagne de la Chancelière vise donc ceux qu’elle a le plus délaissés en leur faisant croire qu’avec elle, les Allemands ne paieront pas pour les autres peuples européens. Un discours aussi pernicieux qu’habile. Et qui touche sa cible.

Et puis, comparaison n’est pas toujours raison. Comparer les périmètres de la sphère publique entre nos deux pays n’a pas beaucoup de sens. Particulièrement en matière sociale où le rôle Outre-Rhin d’associations confessionnelles est majeur alors qu’en France, ce sont l’Etat ou les collectivités territoriales qui sont en première ligne.

 

Côté pauvreté des enfants, la France affiche un taux très proche de son voisin allemand. En matière d’éducation, notre pays occupe le 1er rang pour la scolarisation des enfants de 4 à 6 ans. Un rang qu’il faut tenir tant on sait qu’il faut s’attaquer dès le plus jeune âge aux inégalités et aux déterminismes sociaux. C’est l’objet d’une circulaire du Ministre de l’Education qui vise un objectif de 3 000 professeurs à la rentrée 2013 dans les zones d’éducation prioritaire.

En revanche, concernant l’enseignement secondaire, la France affiche une piètre 19ème place*. C’est donc sur ce plan que les efforts doivent porter. La réforme des rythmes scolaires mise en oeuvre à Roubaix dès 2013 devrait y contribuer.

Reste l’apprentissage. Il convient de le développer en France. Les entreprises allemandes y consacrent des efforts plus importants que chez nous. D’un côté, le relèvement de l’âge minimal de 14 à 16 ans par le gouvernement Ayrault est une bonne chose. Le jeune âge d’entrée en apprentissage est en effet loin d’être une garantie de pérennité du cursus. De l’autre il serait nécessaire de cibler davantage les engagements financiers de l’Etat et des Régions pour ces dispositifs. La France ne peut plus sacrifier sa jeunesse sur l’autel de la crise. Les emplois d’avenir ou contrats de génération constituent une première réponse. Il faut maintenant aller plus loin. En prenant le meilleur de ce qui se fait ailleurs.

 

* Source INSEE                                                                                                           

Rédigé par leblogdepierredubois

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