Christian Montaigne, un homme de bien

Publié le 28 Août 2013

La dernière fois que nous nous étions vus, nos échanges avaient été vifs, à l'image de l'homme et du militant du logement social et de l'insertion qu'était Christian MONTAIGNE. Un homme dont l'épouse et ses enfants rappelaient qu'il marchait à 100 à l'heure, un homme sans concession, rude, ne cherchant pas à plaire, parfois véhément pour mieux convaincre, exigeant pour lui même comme pour les autres, habité par la volonté farouche d'améliorer les conditions de vie des personnes les plus démunies et de donner ses chances aux publics les plus marginalisés et marqués par les accidents de la vie.

 Militant dans l'âme, Christian MONTAIGNE l'est resté jusqu'au bout malgré la maladie. Il présidait encore en juin l'assemblée générale d'Espoir-Essor, association d'insertion dont il était devenu il y a quelque temps le Président. Sa vie professionnelle, il l'a consacrée intensément au combat contre le mal logement. Entré au Pact de ROUBAIX en 1975, comme agent social, il en a gravi tous les échelons pour en devenir directeur avant de prendre la direction de l'Union régionale des Pact Arim et de mettre en oeuvre la fusion des Pact de Lille Roubaix Tourcoing. C'est à ces occasions que je l'ai connu et cotoyé et que j'ai pu en découvrir la richesse et la densité humaine.

 Le Mouvement Pact, dont il était une référence écoutée, c'était le sens et les raisons de son combat, dans le droit fil de la Fondation Abbé Pierre. Il y puisait la volonté de lutter contre l'habitat insalubre et les marchands de sommeil, l'obstination à mettre en place et à développer à travers la maîtrise d'ouvrage associative d'insertion qui lui doit tant, le logement très social pour les publics en situation précaire, et sa conviction dans la capacité des plus exclus à se prendre en charge.

 Christian MONTAIGNE ne s'est pas arrêté là. Il a beaucoup oeuvré après François Chavaneau, le directeur fondateur du Pact de Roubaix, avec le docteur TITRAN, ancien adjoint de la santé de Roubaix et pédiatre de renommée internationale,  et Thérèse POTEKOV, à démontrer que l'on pouvait offrir des alternatives à la grande pauvreté et que les plus pauvres des plus pauvres avaient des capacités à rebondir dès lors que l'on s'en donnait les moyens et que l'on changeait de regard vis-à-vis d'eux. C'est ce qui l'avait amené à s'investir dans la réalisation du centre d'hébergement du Cap Ferret, un des seuls centres d'hébergement d'accueil familial dans la métropole Nord où il avait ouvert le local collectif "chez Léo" pour les familles des quartiers nord de ROUBAIX. C'est ce qui l'avait aussi amené à préparer l'ouverture de la Maison Vauban destinée à l'accueil de personnes atteintes de la maladie de Korsakov.

 Profondément impliqué dans la vie du Mouvement Pact au local comme au national, Christian MONTAIGNE s'était aussi investi dans le fonctionnement de l'AEP, dont il était également le Président, club de prévention intervenant à ROUBAIX dans le quartier de l'Epeule et dans le sud du département du Nord. Comme Collègue de travail, comme partenaire en tant qu'élu, j'ai pu à travers ces quelques 40 ans de rencontres, d'échanges, de réunions de travail, vérifier combien il était passionné par les causes qu'il prenait à bras le corps et vigilant sur le devenir et le développement de son territoire d'intervention, le Roubaisis dont il était si fier.

 C'est pour moi un moment difficile que de perdre un homme et un ami aussi concerné par le sort des autres. Le monde du logement, les Pact perdent aujourd'hui un acteur associatif militant, engagé, passionné et passionnant qui ne laisse personne indifférent. Comme le soulignait son successeur à l'Union régionale des Pact, il était un homme de bien, un homme de coeur et un homme de courage.

Rédigé par leblogdepierredubois

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